Organisations Politiques et Economiques Regionales

Relations entre les pays OPEP et non-OPEP

Depuis la Seconde Guerre mondiale, et le début de ce que l’on appelle les Trente Glorieuses, le pétrole devient un enjeu considérable. Jusqu’aux années 1950, sept compagnies occidentales assurent son exploitation : la Standard Oil of New York (Mobil Oil), la Standard Oil of California (SOCAL), la Standard Oil of New Jersey (Exxon), la Gulf et la Texas Oil Company (Texaco) pour les américains, ainsi qu’une compagnie anglaise British Petroleum et une anglo-hollandaise Royal Dutch Shell. Elles se partagent le pétrole du Moyen-Orient ainsi que ses bénéfices. Mais avec le déclenchement de la décolonisation, la montée du nationalisme dans la région accompagnée par une ère de modernisation, la situation devient inacceptable par les pays producteurs qui cherchent à l’améliorer. En outre, la création de compagnies indépendantes françaises, italiennes et américaines modifient fortement les résultats du marché, puisque la multiplication de ces compagnies stimule une offre qui dépasse la demande, ce qui entraîne une baisse des prix du baril. C’est dans ce contexte complexe et concurrentiel que la création de l’OPEP a lieu, surtout avec la réduction des prix du pétrole de 10% en 1960, l’année de sa fondation.

En octobre 1973, la quatrième guerre israélo-arabe éclate. Conséquemment les membres de l’Organisation décident d’augmenter de 75% le prix du pétrole brut aux « amis d’Israël », c’est le premier choc pétrolier. Désormais, les compagnies sont dans l’obligation de prendre en considération l’importance de l’OPEP qui peut faire la pluie et le beau temps sur le marché pétrolier.

Mais dans les années 1980, les progrès technologiques, techniques et scientifiques ont permis l’exploitation de nouveaux gisements dans différentes régions du monde. Conséquemment l’OPEP devient victime de la concurrence de nouveaux pays exportateurs de pétrole qui ont fait surface sur le marché pétrolier, tels que le Mexique, la Russie et la Norvège. « La part de la production pétrolière de l’OPEP passe de 45 % en 1980 à 29,3 % en 2000 avant de remonter à 41,9 % en 2004 ».

Les pays non-OPEP forment un groupe hétérogène, puisqu’il regroupe des pays aussi différents que les Etats-Unis, la Chine et la Norvège. Ces nouveaux producteurs ne se voient pas victimes des quotas imposés par l’OPEP, et donc poussent leur production au maximum, ce qui a mené à une diminution du poids de l’OPEP sur le marché. Ceci explique la part des pays non-OPEP sur le marché pétrolier qui est bien plus importante que celle de l’OPEP, puisqu’en 2002 « elle atteignait 43% grâce à une production de 48 millions de barils/jour contre 37% pour les pays de l’OPEP avec une production de 25,1 millions de barils/jour ».

Pour comprendre le mode de fonctionnement de l’OPEP aujourd’hui, il faut d’abord être au courant de la structure du marché du pétrole, qui est caractérisé par un équilibre entre un cartel représenté par l’OPEP qui possède la majorité des réserves de pétrole conventionnel, et des pays appelés non-OPEP, indépendants les uns des autres, ainsi que des quotas imposés par le cartel, et qui, à eux tous seuls, n’ont pas assez de réserves pour influencer le prix du baril.

En ce qui concerne l’évolution de l’offre des pays non OPEP, deux hypothèses se sont affrontées : la première selon laquelle l’offre augmenterait jusqu’en 2010 pour stagner après jusqu’en 2030, alors que la seconde prévoyait une chute de l’offre après 2010. Selon l’AIE (Agence Internationale de l’Energie), l’offre de pétrole des pays non-OPEP passerait de « 50,4 millions de barils/jour en 2004 à 57,2 millions de barils/jour en 2010, puis stagnerait à 56,9 millions de barils/jour en 2020 et 56,6 millions de barils/jour en 2030 ». L’offre de ce groupe serait soutenue par des régions telles que la Russie, l’Afrique de l’Ouest et l’Amérique latine. A noter finalement que l’offre des pays non OPEP ne pourra plus continuer à augmenter au cas où le volume de pétrole non conventionnel n’augmenterait pas non plus. Mais d’autre part, et au début de cette année, l’OPEP a réaffirmé ses prévisions de croissance de la demande mondiale de brut avec 860.000 barils par jour, surtout grâce à la reprise de l’industrie pétrolière libyenne, ce qui a mené à une hausse plus forte qu’imprévue de la production des membres du cartel à 31,31 millions de bpj en mars.

Pour les économistes, la structure du marché est proche du modèle du duopole de Stackelberg, un genre d’équilibre où le leader (OPEP) choisit sa production avant le concurrent (non-OPEP). Ce dernier fixe la production qui lui procure un maximum de bénéfices, en prenant en considération celle du leader, tout en sachant que toute décision est irréversible.

Le but de l’OPEP est donc de garder ses intérêts grâce aux quotas, « en fixant un prix suffisamment élevé pour rentabiliser l’exploitation de la plupart des gisements de la zone non OPEP ». Mais l’OPEP fait également attention à ne pas fixer un prix trop élevé pour ne pas inciter à la recherche de substituts au pétrole. Actuellement, la recherche de ce substitut n’est même pas au centre des négociations pour deux raisons principales : la situation financière des pays consommateurs (Europe, Etats-Unis) surtout après 2008, et les besoins colossaux et croissants de la Chine et de l’Inde.

La stratégie du cartel consiste alors à épuiser les réserves des pays non-OPEP, afin d’avoir le monopole du commerce pétrolier. Et donc plus le prix est élevé, plus les pays non-OPEP produisent. Toutefois, cette loi ne s’applique pas aux pays de l’OPEP qui continuent à produire par quotas, en faisant en sorte que l’offre soit égale à la demande. Ainsi le budget déjà énorme de l’OPEP ne cesse d’augmenter avec la hausse des prix, tout en gardant ses réserves encore longtemps.

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