Organisations Politiques et Economiques Regionales

Ligue des Etats arabes: Phase B: Hypothese 4

Hypothèse 4 : L’efficacité de la Ligue des Etats arabes se présente à travers la création d’institutions ou même la signature d’accords économiques. Cependant, cette efficacité est mise en question face aux conflits et crises dans le monde arabe.

 

Comme signe de renaissance du Monde Arabe, la Ligue des Etats arabes s’est intégrée et regroupe aujourd’hui 22 Etats arabes. Ainsi, elle s’est formée pour des fins politiques mais aussi culturelles, économiques…etc. L’article 2 de la Charte indique clairement que la LEA voudrait une coopération étroite entre les Etats membres tout en respectant les conditions et structures de chaque Etat. Cette coopération se ferait d’abord au niveau économique et financier et ajoutant à cela, bien évidemment, le commerce, les douanes, la monnaie, l’agriculture et l’industrie. Cette coopération va toucher aussi différents domaines (communication, culture, etc.) Suite à ces domaines d’intérêts, des commissions spécialisées ont été constituées comme la commission des Affaires Economiques et Financières et des accords vont être signés.

Il est nécessaire de dire que le côté économique n’a pas eu la même ampleur que le côté politique.

Bien qu’il y a eu plusieurs initiatives d’action ou de réalisations économiques visant à concrétiser les objectifs de la Charte, mais la situation et les régimes politiques de certains Etats arabes ont rendu ces intérêts insignifiants et leur réalisation impossible. Pour cela, il s’avère intéressant de montrer le rôle économique de la Ligue des Etats arabes suite aux conflits et tensions du monde arabe.

 

1-Causes de l’inexistence de l’intégration économique.

2-Creation d’institutions économiques.

3-Accords ou faits économiques de la Ligue des Etats arabes.

4-Crises et obstacles auxquels a fait face le Monde arabe et leurs résolutions par la Ligue des Etats arabes.

 

Causes de l’inexistence de l’intégration économique:

-Pour les pays arabes, le développement est requis mais développement et industrialisation vont de pair. Aucun des pays arabes n’a pu faire réussir un projet de développement. Il est aussi nécessaire de dire que le Monde Arabe est face à plusieurs divisions car chaque pays arabe se considère capable de se développer seul mais en réalité aucun des états arabes n’a les critères nécessaires qui leur permettraient d’accomplir un développement autonome et endogène. Selon le ministre algérien A.Brahimi, les tentatives d’intégration économique et politique entre pays arabes ont échoué pour des raisons simples et complexes à la fois. Simples, car il faut se rendre compte que depuis toujours dans l’histoire, la zone arabe n’était pas celle qui décide, puisque la domination coloniale avant la fin de la seconde guerre mondiale s’est transformée en une domination économique et culturelle, donc les puissances occidentales sont restées celles qui décident dans le Monde Arabe. Complexes, car les obstacles réels de l’échec sont toujours introuvables. D’ailleurs, le processus d’imitation occidentale joue au sens négatif dans le Monde Arabe car ce dernier et ses bourgeoisies ne ressemblent en aucun point au monde occidental et ses bourgeoisies. Mais en réalité, le mimétisme a entraîné beaucoup de gaspillage et un frein devant l’intégration économique arabe.

 

Création d’institutions économiques

Le Conseil économique a approuvé en juin 1962 un projet de convention pour l’unité économique arabe présenté le 11 aout 1956. Cette convention va devenir exécutoire le 30 avril 1964. Elle vise à faire bénéficier les citoyens arabes de plus de libertés. Pour l’application de cela, les états engagés devront prendre les mesures nécessaires, d’où quelques-unes : mise en place d’une zone douanière unique, unification des politiques d’import-export, conclusion d’accords commerciaux, coordination des politiques monétaires et financières. Le Conseil économique de 1950 est donc créé comme organisme permanent pour suivre la réalisation des intérêts économiques de la LEA. Il dispose d’un certain budget. Le 13 août 1964, la création d’un marché arabe commun a été décidée. Cette décision a repris les mêmes points définis dans la Convention de 1956.

Suite à cela, est créé le 16 mai 1968, le Fonds Arabe de Développement Economique et Social (FADES), qui a réellement commencé à travailler le 1er janvier 1973, dans le but d’une entraide entre les pays arabes riches et ceux arabes demandant des crédits pour leurs développements économique et social. Le FADES s’intéresse aussi au développement social surtout pour réduire la pauvreté. Depuis, et avec le soutien et les aides financières, les pays du monde arabe ont pu atteindre un certain développement économique et social. Nommons à titre d’exemples : le développement de l’Aéroport international de Hurghada en Egypte (2010), la route allant du Caire vers l’Alexandrie (2005), les infrastructures a Beyrouth (2002), le port de Beyrouth (1977), le développement de l’Université Libanaise en deux parties (1997 et 2003), le centre national pour le contrôle du système électrique libyen (1996)…etc.

 

Bien qu’il existe une  « unité maghrébine » mais les échanges entre les pays du Maghreb sont négligeables. Les capitales maghrébines ont instauré des cadres institutionnels pour favoriser leur coopération. Il faut noter que c’est le Comité permanent consultatif maghrébin qui en 1967 a élaboré un programme de coopération et l’harmonisation économique des pays du Maghreb. Ce programme va être rejeté en 1970. Des commissions et comités placés sous l’autorité du Conseil permanent consultatif maghrébin vont se charger du développement et de la coordination de l’activité sectorielle.

 

3-Accords  ou faits économiques de la Ligue des Etats arabes :

La Ligue des Etats arabes a adopté un plan économique créant une zone arabe de libre-échange. Ce plan économique mise sur la réduction des taxes douanières sur les produits échangées entre les 4 pays arabes signataires de la déclaration d’Agadir (accord instituant une zone de libre-échange  signé entre le Maroc, la Tunisie, l’Egypte et la Jordanie à Rabat le 8 mai 2001) et l’élimination des barrières non douanières entre ces pays. De plus, le Conseil économique et social décide que les réunions du mois de février de chaque année seront consacrées à des discussions purement économiques.  Une rencontre va être faite à Amman entre les coordonateurs de ces pays signataires d’un accord d’association avec l’Union Européenne (UE). Ce projet est une phase de la grande zone de libre-échange que demande la Ligue des Etats arabes.

En outre, la Ligue des Etats arabes  crée, dans les années 1970, la BADEA qui est la Banque arabe de développement économique en Afrique, qui siège à Khartoum au Soudan. Cette banque  a pour fonction de financer et promouvoir tout projet ou plan permettant la coopération économique et technique entre les pays arabes et l’Afrique. La BADEA a mis en place plusieurs projets dont l’un est le développement des villes et villages ainsi que des transports au Benin, Tchad, Burkina Faso et en Côte d’Ivoire.

En septembre 2009, le Conseil économique et social de la Ligue des Etats arabes au Caire. Il adopte plusieurs axes parmi lesquels le suivi du plan de zone de libre-échange ainsi que la réorganisation du tribunal arabe d’investissements. Ce qui inquiète les observateurs du Conseil ce sont les blocs économiques mondiaux qui se trouvent face à la libéralisation du commerce interarabe et à l’intégration économique du monde arabe. Ce Conseil décide aussi du soutien économique pour la Palestine, de la sécurité alimentaire. Il est à noter qu’en 2005, durant le sommet d’Alger, une stratégie de développement agricole a été adoptée pour assurer la sécurité alimentaire et l’autosuffisance, priorité de la sécurité du monde arabe et son indépendance vis-à-vis des autres pays du monde.

 

Depuis 1953, le Conseil économique et social de la Ligue Arabe a signé plusieurs accords concernant le libre-échange, les douanes, et l’union arabe économique, ayant comme but l’augmentation de la coopération et la complémentarité en matière économique. Mais ce n’est que dans les années 80 que l’on évoque pour la première fois de lien économie/politique au sein de la Ligue arabe. Le sommet arabe, en 1980, décrète deux traités, le premier concernant la stratégie de travail économique arabe uni et le deuxième concernant le travail économique et celui du développement arabe commun.

 

4-Crises et obstacles auxquels a fait face le Monde arabe et leurs résolutions par la Ligue des Etats arabes

Les plus importantes crises économiques qui ont frappé le monde arabe sont celles des chocs pétroliers qui se sont produits en 1973 et 1979. Pour ce qui concerne le premier choc, les pays arabes décident d’imposer leur force à travers l’or noir en réduisant les volumes des exportations et en augmentant les prix de pétrole brut pour faire pression sur l’Occident. En 1979, le retrait du pétrole iranien et la chute du Shah sont la cause du deuxième choc pétrolier. Ce choc entraine la modification radicale de l’économie planétaire. Il va amortir le fonctionnement du marché et une diminution de la dépendance énergétique est imposée sur les pays consommateurs de pétrole.

 

En outre, les causes d’un retard (pour ne pas dire échec) d’une vraie union économique se présentent comme étant des obstacles devant cette union arabe économique, et ne pourraient être que les résultats de causes historiques profondes. En l’occurrence, l’indépendance politique de la plupart des pays arabes était soit une indépendance incomplète soit dominé par la puissance qui le colonisait. Il y a eu beaucoup d’obstacles quant à l’application des principes et les règles du marché ; c’était surtout dans les pays sous-développés comme le Yémen et le Soudan parce que leurs économies demeurent archaïques.

 

Le vrai problème entre les pays arabes qui se présente comme un obstacle à la création d’un marché arabe commun est les inégalités entre les différents pays arabes. Nous remarquons la présence d’un marché commun entre les pays membre du CCG car ils ont presque le même niveau économique. Le 11 novembre 1981, les états membres du CCG ont créé une zone de libre-échange et ont prévu l’uniformisation des législations financières et douanières ainsi que la création de projets industriels, il a même été mis en question d’une même monnaie. De même, pour l’UMA qui assure une certaine coopération économique entre les quatre pays du Maghreb (Tunisie, Algérie, Maroc et Libye).

 

Malgré la présence de toutes ces institutions dans le monde arabe, nous ne pouvons pas dire qu’elles pourraient emmener vers un marché arabe commun. Avec tous les accords économiques et commerciaux entre les pays arabes, et ceux qui sont parrainés par le Conseil économique et social de la Ligue arabe, le commerce interarabe n’a pas la même ampleur que sa part avec les pays étrangers. Ce qui montre, en réalité, la faiblesse des économies arabes ayant une productivité très basse et ne pouvant pas s’appuyer l’une sur l’autre pour ce qui concerne les produits manufacturés et les produits nécessaires pour le développement surtout agricole et industriel.

De plus, l’élimination des barrières douanières entre les pays arabes constituant le marché commun ne peut pas être considéré comme une condition suffisante pour la mise en place de ce marché.

 

Enfin, il est important d’ajouter que, l’inexistence de réseaux de communications ou même de transports entre les pays arabes, ou même un réseau d’informations et de statistiques montrant tout à propos des activités économiques arabes, ainsi que l’inexistence d’un environnement convenable d’investissements dans n’importe quel pays arabe et l’absence de la volonté populaire à s’unir et se développer, ces causes sont aussi les facteurs ne permettant pas une union arabe économique complète.

Le printemps arabe a surement ralenti l’économie de monde arabe et spécialement les pays du Golfe. Mais en même temps, il a contribué à l’enrichissement et au développement économique des pétromonarchies, qui ont profité de la chute du pouvoir libyen et surtout de la production libyenne.

Il est important de noter aussi qu’en Egypte, la situation n’est pas meilleure. L’activité économique est en déclin surtout après le départ des touristes et des investissements étrangers de l’Egypte.

De plus, et suite aux évènements de crise, la Syrie a été consciente des sanctions internationales qui lui ont été imposées. D’ailleurs, le ministre du pétrole syrien, Soufiane Allaou, précise cela en avouant que le secteur pétrolier syrien est en dégradation subissant des pertes imminentes.

 

Conclusion :

Au sein du Monde Arabe, il y a des divisions et des faiblesses. Avec toutes les déficiences présentes et les obstacles face à la mise en place d’une union arabe semblable, sinon presque, à l’Union Européenne, les pays arabes possèdent une arme tranchante indispensable à la survie de la planète, c’est le pétrole. Cet or noir pourrait modifier de nouveau le système économique planétaire. D’une autre part, ce pétrole est en majorité exporté vers l’étranger, ce qui va influer les économies du monde arabe en gardant le commerce arabe à niveau bas et limité

Pour conclure, il faut répondre à la problématique La Ligue, a-t-elle une efficacité pour défendre ses intérêts en 2012 ? (la Ligue des Etats arabes s’avère efficace mais pas totalement. Même si elle a réussi à mettre en place des institutions économiques et a signé plusieurs accords économiques et commerciaux, mais les conflits dans les états arabes relevés de la fragilité et la faiblesse des régimes politiques, rendent la Ligue inefficace.

 

Sources :

http://www.universalis.fr/encyclopedie/organisation-des-pays-exportateurs-de-petrole/

www.arabfund.org

http://www.persee.fr/

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2012/01/19/la-syrie-reconnait-les-effets-des-sanctions-sur-son-economie_1632177_3218.html?xtmc=economie_de_la_ligue_arabe&xtcr=

http://news.abidjan.net/h/423440.html

http://www.maghress.com/fr/aujourdhui/48673

http://www.maghress.com/fr/leconomiste/40212

http://www.maghress.com/fr/lematin/11313

http://www.djazairess.com/fr/lemaghreb/20506

http://www.etudes-geopolitiques.com/editorial_crisenjeux.asp

http://www.transition-energie.com/base-documentaire/documents/les-deux-chocs-petroliers-de-1973-et-1979/

 

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