Organisations Politiques et Economiques Regionales

La Déclaration Dakar, preuve d’échec socio-économique de l’OCI ?

La nouvelle charte élaborée à Dakar en 2008 annonce-t-elle uniquement de nouveaux objectifs ? Non. L’OCI s’est retrouvée face à un échec à de nombreuses échelles, parmi lesquelles on peut citer les divergences socio-économiques entre les Etats membres. La Déclaration Dakar n’a lieu qu’afin d’essayer de remédier à ce problème.

L’Organisation vise le renforcement des relations commerciales et économiques entre les pays membres afin de réaliser une intégration économique, dans le but de créer un Marché Commun Islamique. Or, l’Organisation affirme également la nécessité d’assurer un développement humain durable et intégral ainsi qu’un bien-être économique des pays membres.

Si en 2010 (deux ans après Dakar) le PIB par habitant du Qatar est de 76 167 $ (3ème rang), celui de l’Afghanistan est de 517$ alors que le PIB/habitant du Niger ne dépasse pas 381$ (selon le FMI). Comment donc prévoir un marché commun à l’image de celui de l’Union européenne avec de tels contrastes ? L’Union européenne impose des conditions aux Etats voulant adhérer à l’union économique et monétaire, pourtant la crise de 2008 a montré les limites de cette union (cas de la Grèce, de l’Irlande, du Portugal et de l’Espagne). Dans le cas de l’OCI, la situation est encore plus difficile : seuls les pays du Golfe arabo-persique sont capables de le faire, d’ailleurs, le Conseil de Coopération des Etats arabes du Golfe, pour diverses raisons, n’a pas réussi à instaurer cette union.

De plus, le modèle rentier diffère d’un pays à un autre, ce qui rend encore plus difficile cette idée de coopération économique, surtout que certains pays doivent abandonner leur modèle rentier (comme c’est le cas du Liban selon Georges Corm, spécialiste du Moyen-Orient, journaliste pour le Monde-Diplomatique et ministre libanais des finances en 1998).

Il faut également noter les divergences au niveau social. On peut citer l’exemple du taux d’alphabétisation, avec le Tadjikistan possédant un taux de 99,6% alors que Mali est classée dernière avec un taux de 26,2%

La création d’une coopération économique et sociale à base religieuse ne suffit pas. L’Islam en tant que religion ne peut pas éliminer les différences entre les Etats membres. Une coopération doit impliquer un engagement des pays à soutenir les uns les autres afin de pouvoir diminuer les contrastes, ce que les représentants à Dakar doivent prendre en considération.  Aujourd’hui, la communauté internationale parle de gouvernance et de développement durable, principes indispensables pour la  mise en place d’une coopération au sein des différentes organisations.

Pour plus d’informations:

http://www.georgescorm.com/personal/download.php?file=oriental.pdf

http://www.cemam.usj.edu.lb/doccourscv/OCI/charter-fr.pdf

http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_pays_par_taux_d’alphab%C3%A9tisation

http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_pays_par_PIB_(PPA)_par_habitant

http://www.africa-onweb.com/continent/organisation-conference-islamique.htm

http://oper.etublogs.usj.edu.lb/2012/05/21/differences-et-divergences-au-sein-du-ccg/

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