Organisations Politiques et Economiques Regionales

Differences et divergences au sein du CCG

  En s’appuyant sur les liens qui les unissent et aux caractéristiques communes qui se basent sur la foi islamique, les Etats membres du CCG ont la volonté de s’unir et de coopérer. Or, les divergences entre les six pays sont nombreuses, que ce soit au niveau financier, sécuritaire, politique ou économique. Lors de la création du CCG, 3 projets ont été proposés : celui du Kuweit qui prévoyait un organisme commun de coopération économique; celui de l’Arabie Saoudite qui insistait sur la sécurité et celui d’Oman proposant la création d’une force commune chargée de protéger le détroit d’Ormuz avec l’appui logistique des forces Anglo-américaines.

Dans un premier lieu, la différence au niveau éducatif et économique: Les six Etats membres du CCG sont des pétromonarchies, leurs économies dépendent essentiellement des ressources pétrolières. Mais on remarque jusqu’a présent des différences aux niveaux éducatif et économique entre les pays du CCG contrairement à l’article 4 de la charte qui vise d’assurer la coopération, la complémentarité et l’institution des relations dans tous les domaines et surtout éducatif et économique. Or, les différences ne se limitent pas à ce niveau, on note également de nombreuses divergences en ce qui concerne les différentes décisions ou propositions.

De plus, le positionnement par rapport aux conflits régionaux: Les 6 Etats en présence en 1981 insistent lors de la séance que la sécurité est la « priorité des priorités » du Golfe. D’autant plus que la charte du CCG réclame la vision d’une communauté de destin et d’objectifs, en d’autres termes ces pays se sentent menacés. Une de ces menaces est celle de l’invasion du Koweït par L’Irak en 1990, le CCG ne constitue aucune véritable alliance militaire face à l’invasion irakienne et laissent l’Occident agir, malgré qu’ils avaient fondé le bouclier de la péninsule mais cet échec tient son origine dans la manque de vision collective sur la sécurité et l’absence d’une perception homogène de la menace et surtout par les rivalités entre les 2 grandes monarchies l’Arabie Saoudite et Oman, parce que toutefois une menace est présentée, les intérêts de chacun des 6 pays sont de priorité. L’autre dimension est liée à l’absence d’une perception commune de menace, surtout l’Iran qui constitue selon le CCG une menace chiite face au sunnisme (le CCG est créé en réponse à la Révolution islamique de 1979 en Iran). Si ces pays prennent une position ferme envers l’Iran, Oman possède de bonnes relations avec cet Etat.

Quant à l’adhésion du Maroc et de la Jordanie, l’Arabie Saoudite voulait adhérer ces 2 pays, ce qui a choqué les autres membres du CCG, qui ont exprimé leur hostilité face à ce projet. De même, les positions concernant l’intégration du Yémen au sein du CCG restent divergentes, certains pays soutiennent cette candidature comme Oman et Qatar mais l’Arabie Saoudite utilise le véto, crainte de l’impact que pourrait avoir le Yemen sur la stabilité de la coopération.

Outre les faits cités, la question du leadership pose un autre problème au sein du CCG: un ou 2 leaders? Qatar et l’Arabie Saoudite sont 2 pays possédant des ressources énergétiques importantes. Qatar possède le gaz et l’Arabie Saoudite est une grande réserve de pétrole. La compétition entre ces deux grandes monarchies est bien visible dont le but est d’influencer les autres pays du Golfe à travers le leadership de l’organisation. D’abord, la base navale américaine militaire qui était installée en Arabie Saoudite s’est déplacée à Qatar d’où l’accroissement de l’importance du Qatar au détriment de l’Arabie Saoudite. D’autant plus que l’idée même de ne pas avoir une armée propre commune mais auxiliaire est un signe de faiblesse pour l’organisation.

De plus, le projet de l’Union monétaire s’est trouvé face à un échec par les divergences entre les Etats. Quelques Etats comme Oman et les Emirats arabes Unis se sont retirés de ce projet par crainte de l’influence de l’Arabie Saoudite sur leur économie d’autant plus que le Koweït préfère lier sa monnaie à un panier de devises plutôt qu’à l’euro ou au dollar. Ainsi, la mise en place d’une monnaie unique n’est pas prévue avant 2015. On peut donc comprendre que ces pays refusent le leadership Saoudien. Enfin, le régime saoudien voit d’un mauvais œil les transformations sociales et politiques dans les autres monarchies, comme par exemple, l’instauration des systèmes parlementaires au Koweït, au Qatar ainsi que des réformes parlementaires à Oman.

On comprend bien que les 6 monarchies veulent bien jouer la carte de solidarité sur tous les niveaux que ce soit économique, sécuritaire ou même politique, mais les divisions entre les monarchies affectent le fonctionnement du CCG pour atteindre ses objectifs.

sources:

Fatiha Dazi-Heni, « Le Conseil de Coopération du Golfe: une coopération de sécurité et de défense renforcée? », in Science Po, (http://www.ceri-sciences-po.org/archive/2011/septembre/dossier/art_fdh.pdf) [ consulté le 19/05/2012].

BLACHEZ Olivia, (http://www.lesclesdumoyenorient.com/Conseil-de-cooperation-du-Golfe.html), [consulté le 19/05/2012].

AL KHATIB Ahmad, « Conseil de coopération du Golfe », Rissala ila kadat al khalij: machrou’ al itihad fachel wal nastachhed fi tarikh, Journal « AS – SAFIR », 1p. [ consulté le 17/05/2012].

The world factbook, (https://www.cia.gov/library/publications/the-world-factbook/rankorder/rankorderguide.html#), [consulté le 19/05/2012]

 

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