Organisations Politiques et Economiques Regionales

CCG au sein du « printemps arabe »

Le Conseil de Coopération du Golfe (CCG) a été créé en 1981 dans le but d’assurer la stabilité économique et politique de la région.  Aujourd’hui, que peut-on dire quant à son rôle au sein du « printemps arabe » ?

Suite aux divers conflits, révolutions et non stabilité de la région « arabe », le CCG devait bien prendre part dans les conflits et changements de régime surtout quand ces derniers ont touché quelques pays membres du CCG, comme le Bahreïn surtout et l’Arabie Saoudite qui était en risque. A ne pas oublier la grande crise qui a touché le Yémen avec le renversement du Président Abdallah Saleh. Or l’un des principaux enjeux du CCG est la non-adhésion du Yémen qui pourtant, est un pays du golfe et en parallèle, l’adhésion du Maroc et de la Jordanie.

Le choix de l’adhésion de la Jordanie peut s’expliquer par des raisons géographiques: sa proximité au Golfe Arabique, sa position stratégique sur la Mer Morte et le golfe d’Al-Aqaba.

Quand au Maroc, ceci s’explique  par des impératifs politiques : Le Maroc devient un modèle de démocratisation et de réformes puisque le gouvernement a élaboré de nouvelles politiques sociales, en addition de son expérience en matière des droits de l’homme, gestion des conflits etc. Ces derniers constituent les principales demandes des révolutionnaires arabes (liberté, démocratie et partage équitable des richesses).

De même, on ne peut négliger l’importance diplomatique du Maroc qui a signé des accords de libre-échange avec la Jordanie, Egypte et Tunisie et la coopération entre l’Union Européenne et le Maroc sachant que le CCG tente d’adopter le modèle de l’UE. Donc nous pouvons dire, que le CCG en se rapprochant du Maroc, développera sa puissance et son poids diplomatique et en augmentant son PIB (avec son ouverture sur de nouveaux marchés par l’intermédiaire du Maroc), deviendra une puissance économique ayant un poids politique même dans la région.

Par ailleurs, on suppose que les raisons sécuritaires justifient la non-adhésion du Yémen qui a sévèrement été attaqué par les mouvements de révolution. Or le CCG, tout au long des 3 décennies de son existence, n’a jamais vraiment mis en place une politique sécuritaire et défensive.  L’intervention imposante de l’Arabie Saoudite à Bahreïn a marqué un tournant dans la coopération sécuritaire et défense régionale. Ces pays ne s’unissent réellement que dans  un but de protection, il n’y a pas de vraie coopération et de vision homogène. Dès que le danger s’efface, leurs propres intérêts réapparaissent. Cette faiblesse peut s’expliquer par leur manque de confiance et incapacité à former leur propre armée nationale, compétente. Ils préfèrent déléguer leur sécurité aux puissances étrangères telle que les Etats Unis.

Leur manque de cohésion s’explique aussi par leur désaccord sur le concept de menace : pour certains comme les Emirats Arabes Unis et l’Arabie Saoudite, l’Iran est leur principale menace surtout en ce qui concerne la peur d’une expansion d’islamisme radical iranienne alors que Dubaï et Oman y mènent de bonnes relations d’échange commercial et autre. Cet aspect confessionnel est même révélé dans l’adhésion du Maroc et Jordanie qui s’explique par une tentative de faire du CCG un ensemble de pays « sunnites » face à l’Iran et son expansion chiite, et un front conservateur face aux régimes républicains arabes.

Donc le soutien de l’Arabie Saoudite à Bahreïn lui est important face à l’Iran, sachant que Bahreïn est un pays à majorité chiite mais dirigé par les sunnites, contrairement à la Syrie. L’intervention militaire à Manama est vue comme un premier pas vers une approche défensive et sécuritaire sous leadership de l’Arabie Saoudite.

 

Source : 

Khalid Berrada, « Nouvel échiquier du monde arabe: les grandes ambitions du CCG » in Les Afriques (http://www.lesafriques.com/actualite/nouvel-echiquier-du-monde-arabe-les-grandes-ambitions-d.html?Itemid=89)

Laurence Louer, « Les monarchies du Golfe face au printemps arabe » in Sciences Po, (http://www.ceri-sciences-po.org/archive/2011/septembre/dossier/intro_ll.pdf)

Fatiha Dazi-Heni, « Le Conseil de Cooperation du Golfe: une cooperation de securite et de defense renforcee? », in Science Po, (http://www.ceri-sciences-po.org/archive/2011/septembre/dossier/art_fdh.pdf)

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