Organisations Politiques et Economiques Regionales

Leadership de l’OCI: une remise en question de l’avantage du fondateur

Un des facteurs qui ont poussé l’OCI à réformer sa charte en 2008 était la tendance d’une organisation regroupant 57 Etats à se compromettre avec les intérêts d’un seul : l’Arabie Saoudite.

Cependant, dans une ère ou l’Islamophobie fait la une de l’actualité politique, nombreux sont les Etats accusant l’Arabie Saoudite d’être l’allié des Etats-Unis, sans oublier que la qualification « terroriste » des Musulmans depuis 2001 a pour source l’opinion politique et publique Américaines. Ainsi, les actions de l’OCI ont souvent été dépendantes des intérêts de l’Arabie Saoudite, à l’exemple de l’attaque américaine d’Afghanistan en 2001 ou l’invasion de l’Irak en 2003, quand l’OCI est restée spectatrice.

Ceci dit, si en 1972 c’est l’Arabie Saoudite qui a fondé l’OCI et elle était seule capable d’être son guide, en 2012 plusieurs « puissances » arabes et non-arabes se développent au sein de l’organisation pouvant incarner son leadership. Ce sont principalement l’Arabie Saoudite, l’Iran, la Turquie, l’Indonésie et le Qatar, chacun étant avantagé dans un domaine particulier :

-Depuis la Révolution Islamique de 1979, l’Iran est l’un des principaux foyers Islamiques du monde où les lois de la Charia Islamique sont souveraines, ce qui correspond à la vision politique de l’OCI basée sur la religion. Noter également les avantages énergétiques, nucléaires et pétroliers de l’Iran dans le monde et au sein de l’OCI.

-La Turquie, par le maintien de sa candidature d’adhésion à l’Union Européenne et son rapprochement des BRICS, représente l’image de l’Islam moderne occidentalisé, pouvant ainsi faciliter l’intégration des Musulmans dans le monde. Elle dépasse largement l’Arabie Saoudite et les autres membres principalement dans les domaines de l’éducation (130 universités à renommée internationale face à 8 en Arabie Saoudite), et de recherche (43 institutions de recherches face à 4 en Arabie Saoudite).

-Quant à l’Indonésie, elle jouit d’un avantage démographique, étant le pays regroupant le plus grand nombre de musulmans au monde (250 millions).

-Qatar, à son tour, est très impliqué dans les relations régionales et internationales. Il serait le pays « modèle » par sa politique d’équilibre à l’égard de tous les pays, notamment les pays arabes, les Etats-Unis, l’Iran et l’Union Européenne. Depuis 2000, l’augmentation de sa production de pétrole et de gaz, les réformes éducatives et les travaux de construction font de lui une puissance émergeante mondiale.

-Enfin, l’Arabie Saoudite est le pays où se trouvent les villes Saintes de l’Islam Mecque et Médine, avec son roi « le gardien des deux saintes mosquées ». Le pays est également largement avantagé au niveau de sa richesse naturelle (or, pétrole et gaz), et de son niveau de vie très élevé.

Or afin d’éviter la dépendance de l’OCI d’un Etat particulier, et de pouvour réunir tous ces avantages en un, le leadership partagé serait-il une solution convenable?

 

Sources:
• « OIC and its Failure »: http://www.thenews.com.pk/Todays-News-6-82877-OIC-and-its-failure
• Le rapport économique annuel sur les pays de l’OCI- 2011 : http://www.comcec.org/UserFiles/File/27.%20isedak/Raporlar/Fransizca/27%EF%BF%BDS-D(2)-FRN-OIC.pdf
• « OIC Statistical Commission » :
http://www.sesric.org/databases-universities.php
http://www.sesric.org/databases-research-inst.php
• Alexandre KATEB « La Turquie a-t-elle vocation à rejoindre les BRICS ? » : http://www.latribune.fr/journal/edition-du-1304/opinions/693162/la-turquie-a-t-elle-vocation-a-rejoindre-les-brics-.html
• Anne-Lucie CHAIGNE-OUDIN, « Qatar » : http://www.lesclesdumoyenorient.fr/Qatar.html
• « Foreign Relations of Saudi Arabia » (Wikipédia): http://en.wikipedia.org/wiki/Foreign_relations_of_Saudi_Arabia
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