Organisations Politiques et Economiques Regionales

Evaluation des objectifs de la Ligue: cooperation politique pour la sauvegarde de l’independance; l’interdiction du recours a la force; respect de souverainete

Liée au premier objectif d’une unité du monde arabe, la deuxième mission avait comme but « la coopération politique entre États-membres afin de sauvegarder leur indépendance ». Ce qui est évident, est que la Ligue se trouve souvent bloquée par le désaccord entre les membre quant à l’application des décision communes, qu’ils soient des réformes économiques, politiques, ou des résolutions, à cause des rivalités, tensions et intérêts divergents. On dirait que la Ligue a échoué d’établir un bon cadre de coopération. D’une certaine manière, elle n’a non plus réussi à sauvegarder l’indépendance de tous ses États-membres, dont certains ont subi une intervention étrangère, et d’autres encore restent toujours occupés. C’est une grande critique de la Ligue, qui n’a pas pu, ou n’a pas voulu prendre des mesures nécessaires pour défendre les intérêts de ses partisans.

Mais, malgré ces graves lacunes, la Ligue a toujours essayé de chercher un compromis qui est accepté par tous les membres. C’est un principe auquel elle est restée fidèle, comme est manifeste dans la mode de prise de décision, qui est toujours prise au consensus. De surcroît, il faut souligner que la Ligue demeure la seule organisation qui sert, comme but principal, les intérêts arabes. Dans la même veine, dans le cas de Syrie en 2011, la Ligue a essayé de chercher une solution Arabe à un conflit Arabe. Au début elle a proposé des mesures pour restaurer la paix, puis en envoyant une délégation d’observateurs a tenté de s’engager dans un processus de paix sans pour autant demander une intervention de l’ONU (http://www.theglobalobservatory.org/analysis/164-arab-spring-revives-role-of-the-arab-league.html). Toutefois, le refus du régime de Bachar el-Assad de mettre fin au conflit sanglant, et le manque d’un mécanisme de renforcement au sein de la Ligue pourrait obliger celle-ci de recourir à une solution internationale enfin.

 

L’interdiction du recours à la force a deux volets – le règlement des conflits de manière pacifique, et la prohibition d’usage de force armée l’un contre l’autre. D’ailleurs, l’arbitrage du Conseil de la Ligue ne pourra porter que sur des dossiers qui ne touchent pas des questions d’indépendance ou souveraineté ou à l’intégrité territoriale des États, et seulement en cas où les États y recourent pour une solution[1]. Dans tous les cas, le bilan est très négatif sur ce point. A plusieurs reprises, la Ligue a autorisé l’usage de la force sur ses États-membres, par exemple en Koweït et en Libye. Concernant la Syrie, certains États sont attachés à ce principe, alors que d’autres prônent l’armement de l’opposition syrienne. Mais ce qui est la plus critiqué est l’incohérence de cette mise en application. On peut dire donc que ce principe n’a pas  marché en pratique.

 

Le respect de la souveraineté du régime de chacun d’eux est un des principes fondementaux dans la Charte de la Ligue. Encore, sa mise en application est souvent incohérente. En Bahreïn, en Egypte, le Yémen, ou encore, il y a quelques années au Soudan, la Ligue a très peu réagi par rapport aux manifestations populaires. Par contre, elle a, par son action, manque d’action, ou absence de décision, miné la souveraineté à plusieurs reprises, tels qu’en Irak, en Libye, et au Liban. En l’occurrence, dans le cas de la Libye, elle a approuvé une intervention aérienne par l’OTAN sur le territoire Libyen. La justification était de protéger la population civile, mais en faisant cela, a aidé des rebelles qui voulaient se débarasser du régime de Ghaddafi. Ce principe, au bout du compte, est adhéré selon les intérêts des membres dominants du regroupement, et non appliqué systématiquement. En outre, la Charte prévoit que toutes les décisions majeures doivent être prises à l’unanimité, en l’occurrence, la décision d’exclure la Syrie, ou de demander une intervention en Libye. Ni l’une ni l’autre n’ont reçu le consensus nécessaire pour le faire passer, et pourtant, la Ligue a adopté ces résolutions-là. Ainsi faisant, la Ligue viole ce principe de souveraineté, car il s’agit d’ignorer la voix politique de certains États en faveur d’autres.

 

Il faut sans doute rendre compte des complexités dans des décisions prises face à des réalités géopolitiques, considérations des droits de l’homme, pression de la communauté internationale, et une volonté de la Ligue d’être plus qu’elle est. En effet, depuis longtemps elle était considérée comme une organisation régionale molle et impuissante, qui ne rédige que des résolutions repétées année après année. Subitement, ceci va changer, et la Ligue va s’imposer dans la région comme un acteur incontournable. Mais à quel coût à sa légitimité ?


[1] Wissa-Wassef Cerès. La Ligue des Etats arabes face aux conflits inter-arabes. In: Politique étrangère N°1 – 1973 – 38e année pp. 51-83

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