Organisations Politiques et Economiques Regionales

Définition et historique de l’OPEP

Entre février 1959 et 1960, les grandes compagnies pétrolières occidentales imposent des baisses de prix du pétrole afin d’affaiblir leurs concurrents ce qui affecte les revenus pétroliers des pays producteurs.

Appelée OPEC par les pays anglo-saxons (Organization of the Petroleum Exporting Countries), l’OPEP est une organisation intergouvernementale fondée lors de la Conférence de Bagdad entre le 10 et le 14 septembre 1960 par les principaux producteurs de pétrole : l’Iran, l’Irak, le Koweït, l’Arabie Saoudite et le Venezuela. Créée à l’initiative de Pérez Alfonso, ministre du développement du Venezuela, l’OPEP vise à rééquilibrer les relations entre les pays producteurs et les compagnies pétrolières occidentales qui régissent le marché, cherche à contrôler les exploitations pétrolières sur le territoire des pays membres et à coordonner et unifier les politiques pétrolières.

Les cinq membres fondateurs ont été plus tard rejoints par 9 autres membres : le Qatar en 1961, l’Indonésie en 1962 qui a quitté l’organisation en automne 2008 après être devenue importatrice nette de pétrole, la Jamahiriya libyenne en 1962, les Emirats arabes unis en 1967, l’Algérie en 1969, le Nigeria en 1971 et l’Equateur en 1973. Quelques-uns de ces pays se sont retirés par la suite de l’organisation comme l’Equateur entre décembre 1992 et octobre 2007 avant de la réintégrer en vue de soutenir le gouvernement d’Hugo Chavez, l’Angola en 2007 et le Gabon entre 1975 et 1994.

De 1960 à 1965, le siège de l’OPEP s’est installé à Genève avant d’être transféré le 1er septembre 1965 à Vienne en Autriche. Il abrite les services du secrétariat général, organe exécutif chargé de faire appliquer les résolutions de la conférence ou les décisions du conseil d’administration. Le secrétaire général en poste depuis le 1er janvier 2011 est Massoud Mir Kazemi, ancien ministre iranien du pétrole.

Durant les années 1970, le pétrole est devenu une arme de négociation lors des guerres. L’OPEP, acteur indispensable de l’économie pétrolière, a vu son importance croître lors des deux grands chocs pétroliers : le premier étant l’embargo arabe sur les approvisionnements destinés à Israël en 1973 au lendemain de la guerre du Kippour entre Israël et l’Égypte et le second fut le choc de 1979 qui a suivi la victoire de la révolution islamique et la chute du Shah.

En mars 1975, le premier sommet des chefs d’Etat de l’OPEP s’est déroulé à Alger et a accueilli le Nigeria en tant que 11e membre de l’organisation.

Au cours des années 1980 survient le 3e choc pétrolier : chute dramatique des prix pour les petits producteurs qui ne disposaient pas d’autres ressources pour survivre.

Les années 1990 sont marquées par la recrudescence de la crise du Moyen-Orient provoquant une flambée des prix qui se stabilise en 1998. De nouveaux défis sont apparus avec les problèmes de réchauffement climatique et les politiques concernant la réduction des gaz à effet de serre.

A partir des années 2000, les prix ont régulièrement grimpé. Avec l’aggravation de la crise économique mondiale, l’OPEP a tenu en moins de 3 mois trois réunions : 24 octobre à Vienne, 29 novembre au Caire et 17 décembre à Oran.

L’influence directe de l’OPEP sur les cours du pétrole a reculé depuis le milieu des années 1980. Toutefois, les pays membres représentent, aujourd’hui encore, plus de 40 % de la production mondiale et plus de 78 % des réserves estimées de pétrole dont 30 % se trouvant sur le territoire de l’Arabie Saoudite. Néanmoins, au-delà du contexte économique, l’action de l’OPEP sur l’évolution des prix du pétrole reste étroitement liée à l’environnement géopolitique.

PAR MICHEL BOURJEILY

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